Actus FNAS

Heures Sup’ : Plus = Moins

- 8 juin 2007

A l’aide de l’entretien que le Secrétaire général de Force-Ouvrière, J-C Mailly, a accordé au quotidien « La Croix » et qui est paru le 4 juin 2007, nous dressons ici la liste des 7 plaies concernant la très coûteuse défiscalisation des heures supplémentaires, tant voulue par le patronat et bientôt imposée par MM. Sarkozy et Fillon :

  1. si nous savons bien qu’un salarié qui refuse des heures supplémentaires peut, selon la jurisprudence sociale, être sanctionné, on ne voit pas comment les heures supplémentaires peuvent alors se faire sur la base du volontariat, comme le prétend inexactement le président de la République ;
  2. tous les salariés à temps partiel et les cadres étant au forfait/jours, comment vont-ils être traités car jusque là, ils n’étaient pas concernés par les heures supplémentaires. Et si la règle est dérogée comment le premier ministre compte-t-il alors s’y prendre pour les intégrer au dispositif ;
  3. comment les entreprises qui ont signé un accord d’annualisation, pourront-elles maintenant ignorer celui-ci ;
  4. comment certains patrons tentés feront-ils pour éviter le partage du travail à l’envers, c’est-à-dire d’accumuler les heures supplémentaires sponsorisées au lieu d’embaucher ;
  5. comment pourrions-nous être garantis que les pertes de cotisations pour la Sécurité sociale seront effectivement compensées puisque pour 2006, la réalité c’est plutôt que, sur les 24 milliards d’euros d’exonérations que l’État doit rembourser chaque année à la Sécu, il manque encore 2,5 à 3 milliards ;
  6. comment préserver, devant l’impôt, l’égalité des salariés qui feront des heures supplémentaires défiscalisées vis-à-vis des autres qui n’en font pas, car cela pose un problème de constitutionnalité ;
  7. comment être sûrs que ces mesures de défiscalisation des heures supplémentaires, ne vont pas œuvrer insidieusement contre l’augmentation normale des salaires, les employeurs pouvant bloquer par exemple l’évolution négociée des rémunérations, pour n’améliorer le pouvoir d’achat des salariés qu’en les obligeant à faire des heures supplémentaires, notamment parce que sur celles-ci, les patrons ne verseront plus rien ou presque, aussi bien à la Sécurité sociale qu’à l’État pour gérer la collectivité nationale dont ils sont pourtant aussi les utilisateurs.

On l’aura compris, c’est au-delà de la raison sociale, au mépris de la raison économique (coût : 6 Md€ alors qu’on nous rabat sans cesse les oreilles avec la dette du pays), qu’un aveuglément dogmatique pourrait guider ceux qui vont, à tout prix et finalement contre l’intérêt général, bouleverser le fragile système du temps de travail et de la revalorisation des salaires.


Ils ont Licencié Plus
-  Dans la rubrique « Flanquez-moi tout ça à la porte », signalons quelques remarquables exemples de « réductions d’effectifs », toujours entre 2002 et 2006 : Alcatel Lucent : 50 %, Air Liquide SA : 48,7 %, Total SA : 29,50 %, Arcelor Mittal : 28,60 %, Essilor Intl : 24,80 %, etc. Ce sera autant de cotisations en moins pour la Sécu, donc pour notre santé et nos retraites.

Ils Ont Gagné Plus
-  Rassemblant 1 508 437 salariés, les entreprises du CAC 40 ont réalisé en 2006, des profits s’élevant à 95.742 millions d’euros, soit une augmentation de 1 494,10% entre 2002 et 2006. Relevons, dans ce brillant palmarès, Total SA : 12 590 000 € (+111,9%), BNP-Paribas : 7 308 000 € (+158,20%), Sanofi-Aventis SA : 7 040 000 € (+93,70%), EDF : 5 605 000 € (+1 065,30%), Arcelor Mittal : 6 349 000 € (+2 370,40%), etc.

Emploi : Miracle ou Mirage ?
-  Le chômage baisse pourtant… l’emploi ne va pas mieux ! C’est avec cette formule que notre Confédération a commenté les améliorations statistiques des chiffres de l’emploi dont se targue les pouvoirs publics. La conjoncture résulte essentiellement de la courbe démographique annoncée depuis quelques temps déjà.

Budget des salariés
-  Dans une étude sur la consommation des ménages en 2005, parue le 4 août, l’INSEE constate que les ménages français consacrent une part de plus en plus importante de leur budget au poste logement (24,7%), du fait de la hausse des loyers et de la diminution des aides publiques, et aux transports (14,9%). Il est à noter également, selon l'INSEE, que la consommation des ménages en volume a augmenté de 2,1% en 2005,tandis que leur pouvoir d’achat n’a progressé que de 1,1%, et que la hausse des prix s’est stabilisée à + 2 %.

Chômage et emploi
-  Depuis plusieurs mois l’annonce et la publication des chiffres du chômage provoquent, de la part du gouvernement, une communication euphorique, pas toujours en adéquation avec la réalité. Certes, la « cosmétique statistique » des chiffres est un artefact bien tentant pour ceux qui gouvernent. En fait, la baisse des chiffres du chômage résulte plus, des radiations multipliées et des effets de l’évolution démographique (150000 départs en retraite de plus qu’en 2004 et plus de 100000 emplois aidés supplémentaires) que d’une véritable reprise économique.

Très chère électricité
-  L’entreprise EDF, en dépit de résultats financiers mirobolants, persiste à augmenter sans cesse, ses tarifs. Tout le monde s'est pourtant indigné de l'extraordinaire augmentation du prix de l'électricité, sur le marché libre et donc spéculatif. Tout le monde, sauf le patron actuel d'EDF, Pierre Gadonneix. Lequel n'a pas craint de déclarer, pour s'en féliciter : "Peu à peu, les tarifs d'électricité réglementés par les pouvoirs publics vont se rapprocher des prix du marché". Comprenons qu'ils vont flamber, eux aussi ... Ouf, on a failli être contents !

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