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Jamais Trop Tard pour Bien Faire : L’OIT condamne le CNE.

- 24 octobre 2007

On se souvient que créé de force par le gouvernement Villepin, en août 2005, passant outre l’opposition syndicale, le CNE est un contrat de travail-providence, offert aux patrons des entreprises de moins de 20 salariés pour embaucher un salarié pendant une période de deux ans et le licencier, sans avoir à fournir de justification.

Le jugeant illégitime, et aussitôt son lancement, Force Ouvrière saisit alors le conseil d’administration de l’Organisation internationale du travail (OIT).

Le Comité tripartite de l’OIT (salariés, employeurs, gouvernements) vient de rendre ses conclusions la semaine dernière.

Il préconise notamment une remise en question de la durée de deux ans pendant laquelle l’employeur peut licencier sans justification, et le juge non conforme à la convention 158 de l’OIT qui interdit un licenciement sans motif valable.

A noter que maintenant le conseil d’administration doit valider cette décisison, mais il fait habituellement siennes les préconisations du comité tripartite, et rendra son arrêt autour du 15 novembre prochain.

Rappelons que déjà, en juillet, la cour d’appel de Paris saisie d’une décision rendue le 28 avril 2006 par le conseil des prud’hommes de Longjumeau (Essonne) qui avait requalifié un contrat nouvelles embauches en CDI classique, avait déjà porté un coup sérieux au CNE, le jugeant également non conforme à la convention 158 de l’OIT.

A l’inverse, les prud’hommes de Roubaix avaient estimé en juin que le CNE était conforme à la convention 158.

En août 2007, plus de 800 litiges avaient été comptabilisés, déposés par des salariés s’estimant injustement licenciés (grossesse, maladie, etc.).

Les embauches en CNE ont atteint leur plus faible niveau en septembre, avec près de 88.000 CNE enregistrés au 3e trimestre 2007.

Espérons que pour 2008, ce chiffre sera de droit, ramené à ZERO.


Ils ont Licencié Plus
-  Dans la rubrique « Flanquez-moi tout ça à la porte », signalons quelques remarquables exemples de « réductions d’effectifs », toujours entre 2002 et 2006 : Alcatel Lucent : 50 %, Air Liquide SA : 48,7 %, Total SA : 29,50 %, Arcelor Mittal : 28,60 %, Essilor Intl : 24,80 %, etc. Ce sera autant de cotisations en moins pour la Sécu, donc pour notre santé et nos retraites.

Ils Ont Gagné Plus
-  Rassemblant 1 508 437 salariés, les entreprises du CAC 40 ont réalisé en 2006, des profits s’élevant à 95.742 millions d’euros, soit une augmentation de 1 494,10% entre 2002 et 2006. Relevons, dans ce brillant palmarès, Total SA : 12 590 000 € (+111,9%), BNP-Paribas : 7 308 000 € (+158,20%), Sanofi-Aventis SA : 7 040 000 € (+93,70%), EDF : 5 605 000 € (+1 065,30%), Arcelor Mittal : 6 349 000 € (+2 370,40%), etc.

Emploi : Miracle ou Mirage ?
-  Le chômage baisse pourtant… l’emploi ne va pas mieux ! C’est avec cette formule que notre Confédération a commenté les améliorations statistiques des chiffres de l’emploi dont se targue les pouvoirs publics. La conjoncture résulte essentiellement de la courbe démographique annoncée depuis quelques temps déjà.

Budget des salariés
-  Dans une étude sur la consommation des ménages en 2005, parue le 4 août, l’INSEE constate que les ménages français consacrent une part de plus en plus importante de leur budget au poste logement (24,7%), du fait de la hausse des loyers et de la diminution des aides publiques, et aux transports (14,9%). Il est à noter également, selon l'INSEE, que la consommation des ménages en volume a augmenté de 2,1% en 2005,tandis que leur pouvoir d’achat n’a progressé que de 1,1%, et que la hausse des prix s’est stabilisée à + 2 %.

Chômage et emploi
-  Depuis plusieurs mois l’annonce et la publication des chiffres du chômage provoquent, de la part du gouvernement, une communication euphorique, pas toujours en adéquation avec la réalité. Certes, la « cosmétique statistique » des chiffres est un artefact bien tentant pour ceux qui gouvernent. En fait, la baisse des chiffres du chômage résulte plus, des radiations multipliées et des effets de l’évolution démographique (150000 départs en retraite de plus qu’en 2004 et plus de 100000 emplois aidés supplémentaires) que d’une véritable reprise économique.

Très chère électricité
-  L’entreprise EDF, en dépit de résultats financiers mirobolants, persiste à augmenter sans cesse, ses tarifs. Tout le monde s'est pourtant indigné de l'extraordinaire augmentation du prix de l'électricité, sur le marché libre et donc spéculatif. Tout le monde, sauf le patron actuel d'EDF, Pierre Gadonneix. Lequel n'a pas craint de déclarer, pour s'en féliciter : "Peu à peu, les tarifs d'électricité réglementés par les pouvoirs publics vont se rapprocher des prix du marché". Comprenons qu'ils vont flamber, eux aussi ... Ouf, on a failli être contents !

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