A vouloir lui faire tout en même temps, il arrive que la machine se bloque. Telle est finalement la loi de la mécanique.
Mme Parisot, qui n’a du guère bricoler dans sa vie particulière, l’ignorait peut-être.
Mais tellement pressée de nous manger les droits, elle a tout voulu nous prendre, tout de suite et que ça saute.
Mais nous lui suggérons de relire attentivement les fables de M. de Lafontaine, parce qu’il a tout dit des risques de cet exercice.
Voilà que deux éminents spécialistes en Droit Social invitent aujourd’hui le patronat -dans la revue éponyme- à "ne pas se tromper d’époque" dans leur négociation-clé avec les syndicats sur le marché du travail, expliquant pourquoi, "il y aurait peu à attendre d’une nouvelle réforme des contrats de travail".
"Il devient urgent de garantir aux travailleurs une égalité des chances de reclassement quel que soit le contrat conclu", disent MM. Kerbouc’h, professeur de droit social, et Chassard, économiste, dans leur article [1].
Il vaudrait sûrement mieux d’après eux :
garder ce qui fonctionne du contrat de travail ;
"re-civiliser" l’usage du contrat à durée déterminée (CDD), qui pourrait être "autorisé sur une longue période" mais avec en contrepartie, "l’obligation mise à la charge de l’employeur de former, adapter et reclasser" le salarié ;
"consolider le droit individuel à la formation (DIF) en le rendant transférable (d’une entreprise à l’autre,).
Ils ont analysé avec justesse, que le marché du travail amorçait un retournement démographique majeur et que "les comportements des entreprises et des salariés" allaient devoir évoluer".
En effet, si depuis 30 ans, les entreprises ont profité d’une forte hausse de la population active (+150.000 personnes par an, en moyenne, entre 1974 et 2004) et pratiqué "une sorte de cueillette des qualifications", excluant la main d’œuvre non immédiatement utilisable, en revanche, dans les dix prochaines années, immigration choisie ou pas, la France aura au contraire des "difficultés de recrutement" qui "pourront se traduire par "des tensions inflationnistes sur les salaires", constatent-ils.
Certaines qualifications se raréfieront et "dans les PME, la fidélisation des salariés deviendra un enjeu important de la gestion des ressources humaines", prédisent-ils.
Quant à la proposition patronale d’aménager les CDI pour instaurer la "rupture d’un commun accord" entre employeur et salarié, les auteurs soulignent que "les risques de contentieux sont importants et sans doute sous-estimés".
Au moment où, grâce d’ailleurs à F-O, le CNE est devenu exsangue, ce conseil à l’adresse de la doublette Parisot/Fillon vaut son pesant de bon sens.