En début de négociation, toutes les organisations syndicales de salariés demandent aux employeurs de faire immédiatement des propositions concrètes en termes de salaires, de minima conventionnel, de progression de carrière, car seule la proposition des employeurs n’est pas chiffrée.
Ceux-ci refusent au prétexte qu’il leur faut d’abord que les organisations syndicales de salariés entérinent des points d’accord, comme le principe des filières, l’embauche des salariés non qualifiés et la possibilité de critères classants.
F-O : nous faisons constater que dans toutes les propositions faites, seule les propositions F-O sont absentes du document de travail.
Comme par hasard ! C’est la seule proposition qui ne parle pas de filières et ne propose pas d’introduire de critères classants pour les salaires.
Nous leur redisons qu’il n’est nullement besoin de mettre en place des filières pour augmenter les salaires, pour modifier à la hausse les échelons, pour améliorer le cadre existant.
Nous ne serons pas du tout entendu à l’intérieur de ces négociations paritaires car les employeurs proposent aux organisations syndicales un court texte intitulé :
« POINT D’ÉTAPE CONCERNANT LES CLASSIFICATIONS ET LES RÉMUNÉRATIONS DE LA CNPN DU 10 JUIN ».
Dans ce point d’étape figure :
1. Une classification qui organise les emplois et métiers en 5 filières.
2. Le niveau de qualification détermine la classification.
3. Le recrutement de professionnels sans niveau de qualification
4. Une progression associée à l’ancienneté, identique pour tous les professionnels (de combien ? Aucune réponse !)
5. Recherche d’un consensus sur une valorisation complémentaire, déterminée conventionnellement, dans le cadre de positions intermédiaires d’emplois.
Ce que vous aurez vous-même traduit par... l’arrivée de critères classants qui détermineront une part individualisée du salaire.
Par contre aucune garantie sur une revalorisation réelle des salaires.
Dès sa première mouture, nous refusons tout net ce texte (il y aura 4 versions proposées pour essayer de convaincre les plus crédules).
A notre grand regret, le « Point d’étape » n’a pas semblé effrayer les autres délégations syndicales. La CFDT aura même été jusqu’à demander d’apposer sa signature sur ce texte. Elle y retrouve son projet, et le dit.
Comme si cela n’était pas assez clair, les employeurs refusent d’inclure dans ce projet d’étape la phrase suivante :
« Les dispositions des annexes existantes, autre que les grilles et classifications, ne sont pas remises en cause par l’organisation des métiers en filières » dixit la CGC-CFTC-CGT-CFDT.
Et pour enfoncer le clou, les employeurs expliquent qu’ils ont bien l’intention de continuer, après cette négociation des filières et classifications, en revisitant la durée du temps de travail, les congés et l’organisation du travail, etc.
On ne peut être plus clair !
LES SOP-SNASEA-FEGAPEI ONT TOUJOURS BIEN L’INTENTION DE DÉMANTELER LA TOTALITÉ DE LA CCNT 66.
La CGT ne s’associe pas, en fin de compte à ce « point d’étape », et nous nous en réjouissons.
Mais au terme de cette négociation, les employeurs tentent de faire avaliser à plusieurs organisations syndicales le principe des filières, clé de voûte de leur projet de déqualification et de remise en cause de tous les acquis conventionnels, inscrits dans les annexes existantes.
F-O N’ACCEPTE ET N’ACCEPTERA PAS QUE LES GARANTIES COLLECTIVES CONVENTIONNELLES, DE QUELQUES 240 000 SALARIÉS, SOIENT AINSI MENACÉES.
Alors que par milliers, à maintes reprises, les salariés ont manifesté et affirmé leur volonté de défendre leur Convention Collective et leurs revendications, en exigeant le retrait du projet employeurs, alors qu’ils étaient présents en nombre à Paris, devant le siège des négociations paritaires ce 10 juin 2009, les employeurs persistent dans leur volonté de démanteler la CCNT.
Seule leur stratégie a changé : celle des petits pas.
Les employeurs veulent faire avaliser leur projet de filières pour le 22 juin prochain, avant de se rendre, le 2 juillet prochain à la DGAS, pour une conférence salariale qui chiffrerait les budgets nécessaires à leur projet pour début 2010.
ALORS LE 22 JUIN PROCHAIN ALLONS TOUS MANIFESTER À PARIS, POUR EXIGER, DANS L’UNITÉ, LE RETRAIT DU PROJET DES EMPLOYEURS !
Paris, 10 juin 2009
EN PJ LE C-R ET À LA SUITE LA DÉCLARATION F-O AUX MANIFESTANTS
La délégation Force Ouvrière était composée de :
Jérôme Delacotte , Fabrice Lahoucine et René Malle