Beaucaire : la MLJ Rhône Argence lance l’alerte sur son avenir

Stéphanie Giusti et Laura Antunez, représentantes FO Action sociale, s’opposent à la possible baisse du budget de la MLJ Rhône Argence en 2026. tous droits réservés
Le président de la Mission locale jeunes et le syndicat FO Action sociale font front commun pour dénoncer une possible baisse de 13% de son financement, avec des conséquences sur l’accompagnement des jeunes vers l’emploi et de forts risques de licenciements.
Il n’est pas fréquent de voir un président d’association, sorte de “patron” de la structure et les représentants syndicaux de cette même association parlent d’une même voix pour la défendre. C’est pourtant le cas à la Mission locale jeunes Rhône Argence qui voient les nuages s’amonceler et ses missions mises en péril par le projet de loi de finances 2026 en cours de discussion.
Neuf personnes en moins à la MLJ Rhône Argence
Le projet concerne certes l’ensemble des MLJ de France et prévoit une baisse de 13% de leur financement. Didier Vignolles, président de celle de la zone Rhône Argence basée à Beaucaire, est vent debout contre ce projet, et il parle d’expérience puisqu’il a dû faire face à deux coupes budgétaires successives de plus de 5% ces deux dernières années.
« Cela nous a conduits à diminuer le personnel de 30 à 21, ce qui fait qu’on ne joue plus notre rôle tel qu’on devrait le jouer parce qu’on demande aux entreprise de le faire, l’insertion d’un certain nombre de gens en apprentissage, et nous ne sommes plus en capacité de faire le boulot au niveau des jeunes », résume-t-il. Et d’avancer qu’une baisse de 13% reviendrait à devoir supprimer deux postes de salariés.
« Ce sont les jeunes qui sont sacrifiés »
Inconcevable pour lui comme pour Laura Antunez, déléguée syndicale FO et représentante au Comité économique et social (CSE), et Stéphanie Giusti, délégué FO suppléante au CSE. « Ce sont les jeunes qui sont sacrifiés et nos équipes qui risquent l’épuisement », alertent-elles. « A la Mission locale Rhône Argence, nous observons chaque jour des jeunes qui attendent une aide, un repère, un soutien. Réduire les moyens, c’est prendre un risque que certains basculent. »
Tous le monde sera perdant
Inacceptable pour les deux représentantes syndicales pour qui « les jeunes sont en première ligne » et qui jugent « le moment particulièrement mal choisi » pour cette baisse budgétaire, « dans un contexte où la précarité augmente et où de plus en plus de jeunes présentent des signes de souffrance psychique : isolement, anxiété, décrochage ».
Elles y voient aussi un risque pour les salariés de la MLJ sous le coup d’une double pression : d’avantage de jeunes à accompagner, et moins de moyens humains et matériels pour le faire. Et en corollaire de possibles conséquences également sur leur santé mentale, avec une fatigue accrue, un sentiment d’impuissance ou encore du surmenage. Au final, tout le monde sera perdant, concluent-elles, n’oubliant pas le territoire couvert par la MLJ Rhône Argence qui en sera « affaibli ».
« Ces économies sont une erreur folle »
« On estime que ces économies sont une erreur folle parce que ça va coûter une fortune plus tard. Nous, on accompagne les jeunes, mais si on ne les accompagne pas, la nature a horreur du vide et ça va coûter cher, il ne faut pas être naïf », prévient-il.
Par bonheur, ce discours local est similaire à celui de l’Union nationale des Missions locales (UNML). « Le réseau des MLJ ne comprend pas qu’on puisse sacrifier la jeunesse », indique Didier Vignolles, qui précise que « ce discours est transpartisan », dans la mesure où ce sont des élus de tous bords qui président les 430 MLJ en France.
« La bagarre continue »
Lui-même représentant au niveau national des MLJ dans la catégorie employeurs, il souligne des avancées, grâce à deux amendements votés en commission des finances. Le premier vise à rétablir les financements des Missions locales au niveau de 2025, le second vise à rétablir les crédits Pacea (Parcours contractualisé d’accompagnement des jeunes vers l’emploi et l’autonomie) et a été porté par la députée Renaissance Christine Le Nabour, elle-même vice-présidente de l’UNML et donc bien au fait de l’intérêt des MLJ.
« Mais ces modifications ne seront valables que si elles sont acceptées dans la rédaction finale, donc la bagarre continue », souligne le président de la MLJ Rhône Argence qui annonce qu’il sera présent au rassemblement des MLJ devant l’Assemblée nationale le mardi 18 novembre, à 17 h. « On ne lâchera pas jusqu’au vote », prévient-il.
Une pétition est en ligne pour soutenir les MLJ sur : https://c.org/zfHY9BCXvC
Article : Le réveil du midi
Le 14 novembre 2025


