Sécurité sociale : un bien commun toujours à défendre


La Sécurité sociale a été au cœur des interventions des délégués du 26e congrès confédéral de FO qui se tenait à Dijon, du 20 au 24 avril 2026. Force Ouvrière a réaffirmé avec force son engagement à la défense de la « Sécu » et de notre protection sociale collective, fruit d’un modèle social républicain envié par beaucoup de travailleurs dans le monde.
Frédéric Souillot : revenons sur les ordonnances Juppé de 1996
Nous devons expliquer ce qu’est le salaire différé (les cotisations sociales prélevées sur le salaire, Ndlr). Concernant la Sécu, la seule chose qu’ils veulent (sous-entendu les gouvernements, Ndlr) c’est la démanteler, c’est privatiser note protection sociale. Et c’est pourquoi, poursuivait Frédéric Souillot, dans le cadre de l’agenda social autonome (lieu de discussion/négociations entre patronat et syndicats, Ndlr), nous disons qu’il faut reprendre la gouvernance de notre système de retraites. Par ailleurs, revenons aussi sur les ordonnances Juppé de 1996 (qui ont introduit l’implication de l’État dans la gestion de la Sécu et créé notamment l’obligation d’une loi de financement de la Sécu, Ndlr). Arrêtons aussi les exonérations salariales patronales, martelait le secrétaire général de FO. Des allègements de cotisations sur les salaires qui représentent un manque à gagner de quelque 80 milliards d’euros par an pour les comptes sociaux. Il y a quatre milliards d’euros en moins mis dans le social, cent emplois seront supprimés dans les CAF d’ici 2027 listait de son côté Frédéric Neau (organismes sociaux du Maine-de-Loire) annonçant que déjà 2 500 collègues du département ont signé la pétition pour la défense de la sécu, où FO est le syndicat leader.
« Le gouvernement ne s’en prend pas au patronat mais aux malades » pestait à la tribune Nora Nidam (FO Sécu 75) référence en creux aux mesures entre autres décidées dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité pour 2026. La militante se félicitant par ailleurs de la première place syndicale de FO dans les CPAM d’Ile-de-France, fustigeant notamment aussi la suppression du service de contrôle médical de la CNAM, revenait sur une revendication maintes fois exprimée au cours du congrès. Stop à la main mise de l’État sur la Sécu. Vive la Sécu de 1945.
« Le patronat veut faire la loi sur les arrêts maladie » s’indignait Reynald Millot (Yonne) exigeant la transparence totale de l’utilisation des finances publiques, que soit financé le social et que se réalise la relance industrielle. « Il y a une attaque frontale contre la liberté du médecin traitant inacceptable, avec une présomption de culpabilité des salariés, » poursuivait le militant. On attaque l’assurance chômage, on organise la hausse des prix de l’énergie et on veut maintenant nous imposer la capitalisation ?! dans le cadre des retraites. Nombre de militants monteront à la tribune pour dire leur opposition à cela, dire leur attachement au système par répartition. Rappeler aussi fermement la revendication de FO qui demeure, soit l’abrogation de la réforme des retraites de 2023. Nombre encore résumeront : la Sécu, elle est à nous !
Valérie Forgeront Journaliste à L’inFO militante
Le 1er mai 2026


