Jean-Dominique Audbert, délégué FO, et Thierry Auger, secrétaire du comité d’entreprise de l’ADSE 37.

Le conseil départemental suspend le contrat d’objectif passé avec l’association pour la protection de l’enfance. Les syndicats tirent la sonnette d’alarme.

Coup de tonnerre lors de l’assemblée générale de l’Association départementale pour la sauvegarde de l’enfance (ADSE 37). A la surprise générale, le président du conseil départemental – Jean-Gérard Paumier – est venu en personne annoncer la suspension du contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (CPOM) passé avec cette association qui prend en charge les mineurs confiés à la collectivité par la justice.

Chaque année, le Département apporte 80 % du budget de l’ADSE (10 M€) qui accompagne près d’un millier d’enfants, dont une centaine en internat à Tours, Joué et Chambray. Lors de son intervention, Jean-Gérard Paumier a expliqué que le Département souhaitait définir un nouveau schéma pour la protection de l’enfance. Dans le même temps, il a confirmé la suspension du CPOM dès le 21 juin.

D’où les inquiétudes des représentants du personnel de l’ADSE qui s’interrogent sur les intentions véritables du financeur et les conséquences éventuelles de nouvelles restrictions budgétaires. « Depuis déjà de nombreuses années, notre association voit ses moyens diminuer. La méthode brutale employée par le président du conseil départemental peut nous faire craindre le pire. Actuellement, l’ADSE 37 dispose d’un fonds de roulement de 43 jours. Elle ne pourra pas tourner longtemps sans financement », commente Jean-Dominique Audbert, délégué Force Ouvrière.

Dès cette semaine, le syndicat a demandé audience au président du Département. Dans le même temps, FO et Sud appellent les 200 salariés de l’ADSE a se réunir en assemblée générale lundi 15 mai, pour évoquer la défense des emplois et des conditions de travail.
Pour sa part, le président de l’association, Jean De Maistre, s’efforce de calmer le jeu. « Aujourd’hui, nous avons des divergences de vues sur les modalités d’actions en milieu ouvert. Nous devons en parler mais la qualité de notre travail n’est pas remise en cause », assure-t-il. « Le dialogue est ouvert », confirme-t-on au conseil départemental.

Malgré tout, les syndicats sont sur leurs gardes : « Nous ne tolérerons plus de ruptures de nos missions de service public », prévient Jean-Dominique Audbert.

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Le 9 mai 2017